Auto destruction

 

Regarder le bouton rouge, compter les dernières secondes

Fermer les yeux, prendre l’ultime respiration profonde

Ecouter le silence qui s’alourdit, laisser s’installer la peur

Et appuyer enfin sur le détonateur…

 

Un bruit sourd se fige à l’intérieur, en plein cœur

La blessure se propage jusqu’à l’extérieur

Exterminer ses sentiments, faire le vide dans sa mémoire

Oublier la lumière, se laisser emporter dans un trou noir.

 

Plus d’échappatoire, compte à rebours enclenché

Impossibilité de tout stopper, juste obéir à la réalité

La sirène de départ imminent retentit dans un son strident

Les portes se referment en direction du néant.

 

La voix de la désillusion ricane dans les abysses de mes pensées

Mélange de futilité, orgueil, tout un fatras d’espoir avortés

A vouloir voler aussi haut qu’Icare, on s’aveugle de gloire

Tous ces rêves, ces projets qui finissent jaunis dans un tiroir.

 

Le sol s’effrite sous mes pieds, mes oreilles bourdonnent

Je n’entends que les cris de la folie qui m’emprisonne

Et les cloisons ma liberté se lézardent enfin , en vain

Il est trop tard, je suis aspirée dans le précipice du destin.

 

Se retenir dans un dernier sursaut de survie, avec ferveur

Transpirer à grosse gouttes le venin de toutes mes erreurs

Se sentir absorbée dans une spirale infernale, un trou sans fond

Demander pitié, trouver des excuses, implorer un éventuel pardon.

 

Ne voir plus que le bouton rouge, aspirer la dernière seconde

Ouvrir les yeux, apprécier l’ultime respiration profonde

Se mouvoir dans le silence qui nous envahit, ne plus avoir peur

En appuyant d’un coup sec sur le détonateur…