Dans les profondeurs du silence de la nuit Dans les profondeurs du silence de la nuit A l’heure où tout alentour s’est endormi Quand le moindre bruit est décuplé Il s’avance tranquillement dans l’obscurité. A la lueur de sa lampe torche qui éclaire Le sol mouillé, le seuil des portes cochères Le frottement sec de ses bottes sur les pavés Pas à pas commence à se rapprocher. Dans la bise de l’hiver qui s’installe Sonnent les douze coups depuis la cathédrale Apres un soupir de lassitude, il hésite un instant Devant la porte qui cède dans un grincement. A l’étage, le bruit a soudainement réveillé La mère de famille dont le cœur s’est accéléré Angoissée par l’intrusion de cet étranger Qui vient violer son intimité. Tremblante, elle appuie sur l’interrupteur Combattant la peur, l’effroi et la stupeur Pour essayer de sortir de la chambre à coucher Prête à affronter les prémices du danger. Sans un mot, l’homme en bas de l’escalier Commence à monter les marches jusqu’au palier Tout en écoutant les sons venus de la pièce éclairée Et les gestes de la femme, qu’il sait, affolée. Il ouvre alors la porte avec une certaine rudesse Conscient de l’état d’intense détresse De cette personne qui se fige devant lui Avec dans les yeux, un soupçon de défi La guerre a délavé son regard absent et lointain Apres toutes ces années à fuir la mort chaque matin Ce soir, dans un sourire, soulagés d’être enfin réunis L’épouse rassurée vient se lover dans les bras de son mari Isabelle