Dernier dimanche d’octobre

Dernier dimanche d’octobre et la matinée
Se revêt d’un charme printanier
Mais la couleur des arbres orangés
Nous signale que l’hiver s’est annoncé.

Et le temps laisse des rides sur ma peau
Comme la bise laisse les siennes sur l’eau
Dans le ciel, une dernière fois, les étourneaux
Dansent avant leur envolée vers les pays chauds.

Dernier dimanche d’octobre et la journée
Se farde d’un léger voile ensoleillé
La fraîcheur dans l’air, à peine esquissée
Me donner une légère envie de frissonner.

Et le temps, une fois de plus, laisse les sillages
Des rêves inassouvis sur mon visage
Comme cette escadrille d’oies sauvages
Qui m’émeut brièvement lors de son passage.

Dernier dimanche d’octobre et l’après midi
Se gorge de cris d’enfants ravis
De profiter des vacances de toussaint
En jouant tranquillement dans le jardin.

Et le temps, sur mon cœur, recouvre les pas
Que tu dirigeais jadis vers moi
Comme les feuilles tombées plus loin
Qui masquent les courbes du chemin.

Dernier dimanche d’octobre et la soirée
Va se colorer des paillettes argentées
Pendant des heures et jusqu’à l’aurore
La moiteur de la danse réveillera leurs corps.

Et le temps laisse dans mon cœur, le silence
Unique vestige de ton absence
On recule les aiguilles, c’est l’heure d’hiver
Dormir une heure de plus, j’en ai que faire.

Dernier dimanche d’octobre et la nuit
Se réchauffera dans les draps de la vie
Quand leur sens enfiévrés, fatigués
L’un contre l’autre, seront apaisés.

Et le temps, sur mon corps, laissera ta trace
Je sais, qu’il faut que je te remplace
Comme l’automne chasse l’été sans pitié
Je finirai par ... t’oublier

Isabelle Fluckiger Jachym