Pourtant je ne suis qu’un avion.........

Je suis né de la folie des hommes, né de la science
On se servit de moi pour une sombre expérience
Je n’y suis pour rien juste un instrument entre leur main
Créé pour dévaster, décimer, ils ont fait de moi un assassin.....

Pourtant je ne suis qu’un avion, prêt pour les voyages
Vous emporter très loin, très haut, dans les nuages
On m’affréta pour l’horreur sous les flashs des projecteurs
Comme si j’étais le plus talentueux, l’unique acteur.

Je suis né en Amérique paré pour la deuxième guerre
A larguer sur le japon, toute sa vengeance amère
Le monde entier était en pleine confusion, en ébullition
Jusqu’à la plus fatale de toutes les explosions.

Pourtant je ne suis qu’un avion, survolant les paysages
Des terres glacées aux plus tropicaux des rivages
Prêts à vous faire croire aux rêves, à exaucer les mirages
Mais, on me prépara pour le carnage................

Je décollai de Tinian , à deux heures quarante cinq
Au matin du six août mille neuf cent quarante cinq
Avec dans mes entrailles, little boy nom de code donné
A la bombe A que je vais bientôt devoir larguer..................

Pourtant je ne suis qu’un avion, pour vous embarquer
Vers des destinations qui n’égalent que l’immense beauté
De votre terre, de votre monde, des contrées lointaines
Où la vie sous la brise du printemps serait sereine.

Je fus armé en vol par des hommes surentraînés
Des militaires à qui cette mission était confiée
À huit heure quinze minutes et dix sept secondes .................
Ma porte de soute se déchira en une blessure profonde.

Je n’ai pas de conscience, je ne suis qu’un engin
Né de la bêtise de la guerre, la bêtise des humains
À huit heures seize minutes et deux secondes heure locale
Un embrasement nucléaire, assena le coup fatal.

Pourtant je ne suis qu’un avion aujourd’hui, exposé
En annexe à Washington, dans un musée
Mon triste nom est entré dans la légende, Enola gay
Vous avez compris, je suis un bombardier.........

Et même si tout est arrivé malgré moi
Hiroshima, Nagazaki................ Pardonnez moi.

Isabelle Fluckiger Jachym