Féerique verdure

Sous la fraîcheur d’un avril douillet
Le soleil a parsemé la foret de jolis rais
Lumière venue du ciel, venue de la magie
Territoire fantastique où tout jaillit.

Déjà, je perçois les petits farfadets joueurs
Se dissimuler dans entre les bosquets, moqueurs
Attendant que le crépuscule perce les mystères
Des sous bois enchantés, enfouis sous les fougères.

J’entends la symphonie des arbres et du vent farfelu
M’imprégner toute entière de son refrain suspendu
Au diapason de Mère Nature qui bat la mesure
Enveloppée d’un manteau moussu, luxuriante parure.

La fée Sérenité pointe sa baguette à travers les fourrés
Telle la harpe du temps aux cordes nimbées de luminosité
Alors j’avance timidement mes doigts pour faire vibrer
La mélodie du temps, musique éternelle improvisée.

Je m’imagine soudain, jeune fille égarée
Prisonnière de ce monde actuel où tout est figé
On ne prend plus la peine de s’écouter
Nos rêves s’envolent pour d’autres destinées.

Comme un adolescente, j’attends ce prince magnifique
Qui m’emportera dans son royaume féerique
Là où tout commence, là où l’on croit que tout finit
Il n’y a pas de limites dans l’univers de la poésie.

Hélas, je dois quitter cet endroit fabuleux où j’étais venue me ressourcer
À l’abri du tourbillon polluant de notre société jamais rassasiée
Et dans un dernier regard admiratif sous un dernier soupir
Je me retourne pour y déposer un fragment de mon plus joli sourire.

Isabelle Fluckiger Jachym