J’étais amarrée comme un bateau austère
(2002 rénové)

J’étais amarrée comme un bateau austère
Qui n’avait, encore, jamais connu la mer
Tu m’as aidée à prendre le large en douceur
Tu as hissé la grand voile en fin navigateur.

Tu as déchaîné la tempête la plus totale
Dans mon âme qui sur tes flots s’emballe.
Fais moi tanguer sur les vagues du plaisir,
Le capitaine ne quitte jamais le navire.

Prend la barre de mes hanches à pleines mains
Guide moi vers la route escarpée de tes reins
Fais moi échouer vers tes nombreux trésors cachés
Je veux devenir pirate et tous, te les subtiliser.

Grimpe au mat et scrute l’horizon
De mes yeux bleus remplis d’infinie passion.
Trouve le moment fatal où par tribord
Tu t’empareras, enfin, de mon corps.

Fais moi accoster sur tes plus beaux rivages,
Laisse moi rencontrer la lueur torride de ton visage,
Boire l’eau salée de tes lèvres humides et satinées
Où je pourrai, avidement, me rassasier.

Calme, vite, la mutinerie qui gronde en moi, soudain
Presse toi contre moi, ton torse viril contre mes seins
Ecoute les prémices sensuelles que je retiens maladroitement
Dans la cale de tes fantasmes, enferme moi, immédiatement.

Etre une sirène, t’envoûter par la mélodie
De ma voix qui soupire, puis peu à peu gémit
Offrir à tes mains ma peau négligemment alanguie
Qui t’appelle pour des caresses savamment choisies.

J’étais amarrée comme un bateau austère
Qui n’avait, encore, jamais connu la mer.
Tu m’as fait lever l’ancre un jour d’automne
Où sous la brise de ton regard, aujourd’hui, je me donne.........

Isabelle Fluckiger Jachym