Je me suis fait couper les cheveux


L’automne… son lot d’humidité et de brouillard matinal

Mets notre cœur en berne, donne un coup bas à notre moral

Mon corps rafraîchi sent les courbatures dès le réveil

La grisaille remplit ma chambre, je n’ai plus sommeil.


Je me suis fait couper les cheveux, jouer la fashion victim

Vite de la couleur, du blond, un noisette et un auburn orangé

J’avais envie que mon sourire perdu à nouveau se réanime

Comme un adolescente, j’ai laissé la coiffeuse s’amuser.


Non madame, m’a-t-elle dit, je ne peux pas vous garder de la longueur

Pour du volume il fait couper, sinon la masse donne de la lourdeur

Et les pointes voyez vous, impossible, visez ces fourches, un massacre

En sentant les coups de ciseaux, je fermais les yeux, implorant grâce.


Je me suis fait couper les cheveux, j’ai choisi un modèle dans un magazine

Je sais que je ne retrouverai pas mes vingt ans comme la gamine sur la photo

Même avec des crèmes, avec du maquillage et bourrée de vitamines

Les souvenirs entassés ajoutent une charge supplémentaire à notre sac à dos.


J’ai vu les mèches tomber les unes après les autres sur le sol carrelé

Mon dieu, me suis-je dit, va-t-il m’en rester assez

Puis le sèche cheveux s’est mis à jouer avec mes boucles naturelles

Sous son souffle chaud, je me sentais enfin libre et belle.


Je me suis fait coup les cheveux, envie de jouer les douces ingénues

Séduire à nouveau mon mari, dans son regard trouver de l’approbation

Mon cœur bat la chamade, va-t-il adorer ou tomber des nues

Mes pas ressentent une légère hésitation en rentrant à la maison.


Coupe moderne, féminine et bouclée, il en faut peu pour retrouver le moral

Envie de me prendre, avec toi, pour la plus audacieuse des femmes fatales

Un peu de blush, d’ombres à paupière, et un rouge à lèvres, le tour est joué

Décoiffe moi vite mon amour, j’ai envie que tu commences par m’embrasser…


Isabelle