Assis dans son fauteuil, il se remémore ses années glorieuses

La guerre, les batailles, les chants militaires, la folie furieuse

Il fulmine, il tempête, il se croit alors encore prisonnier

Tout ce temps passé, enfermé dans une Europe ensanglantée.


Alors, elle arrive, près de lui, il la reconnaît, il se calme enfin

Elle est si jolie avec ses yeux de biche, son petit air mutin

Avec tendresse avec respect, elle l’appelle «  mon adjudant »

Il redevient ce fier soldat, avec l’étoffe d’un géant.


Enchaîné à la maladie, il n’a qu’une seule envie, se lever

Courir, fuir ces longs couloirs, une fois encore, s’échapper

Comme il s’est évadé jadis  de cette Allemagne nazie.

Il était jeune, avec le temps, la vieillesse l’a anéanti.


Alors, elle est là quand il s’énerve, quand il n’a plus de repère

Quand les souvenirs s’emmêlent quand il confond aujourd’hui et hier

Quand il croit qu’autour de lui, tout n’est que menace,

A son contact, à ses regards intenses et bienveillants, tout s’efface.


Fatiguée par la vie quotidienne, la société actuelle et ses obligations

Quand il faut porter la tenue réglementaire, oublier les hauts talons

Faire le ménage, aider aux soins, courir partout, être opérationnelle

S’adapter aux situations, être toujours professionnelle,


Elle sait que son devoir, elle le fera avec compassion, chaque jour

Elle sera près de lui, l’aidera à mettre ses plus beaux atours

Faire de ce vieux monsieur  perdu, l’homme qu’il est encore

Même si la maladie, chaque jour un peu plus, le dévore.


Elle sera là, avec ses gestes raffinés, avec son élégance naturelle

Dans ses yeux de soldat, pour lui, elle reste la plus belle

En les observant tous les deux, on y sent tellement de complicité

Fermons la porte, il ne faut pas les déranger.


Il y a de belles histoires entre les soignants et les personnes âgées

Des moments forts, des moments remplis d’émotion, d’humanité

Merci à toi, Hélène d’avoir su  toucher ma sensibilité

Je vous souhaite encore  à tous les deux, de belles choses à partager.