La douleur

Elle est là, lancinante, sournoise, la douleur
Qui vous prend en traître, guette la moindre erreur
Ce pas de trop, ce geste anodin et soudain
Elle vous irradie, elle vous tétanise avec dédain.

Elle n’a pas d’heures, de jour comme de nuit
On la croit endormie, mais elle est bien là, tapie
Dans un des nombreux recoins de notre corps meurtri
A se rappeler à notre souvenir, sans bruit.

Elle vous glace le sang, elle vous fait transpirer, la douleur
Comme un compagnon du quotidien, un maître chanteur
Qui vous fait payer les moments de quiétude bien mérités
Par de pernicieux coups de poignards bien ciblés.

Elle vous paralyse, immobilise, de quoi enrager
De voir les autres vivre, bouger, danser, s’amuser
Et toi, dans ton coin, tu refuses les invitations
On se goinfre d’anti douleurs.. Direct vers la dépression

Elle est là, comme un amante jalouse, la douleur
Elle ne te laisse aucun répit, t’arrache le cœur
Exclusive elle t’épuise à te refermer dans la solitude
D’un silence forcé devenu une habitude.

Elle se moque de vous, elle vous met au défi
De pouvoir se passer d’elle mais elle est enfouie
Jusque dans votre mémoire ou sa présence
Revêt de plus en plus d’importance.

Elle vous coupe du monde petit à petit, la douleur
De la vie de tous les jours, vous n’êtes plus acteur
Les amis, le travail ... tout fout le camp
Même la famille, pour vous, n’a plus le temps...

Alors on se tourne vers les personnes blessées
Par les malades de la vie, qui cherchent à se soigner
Trouver écoute, compréhension et main tendue
Vers ceux qui, comme vous, n’en peuvent plus.

Oui, elle est là, lancinante, sournoise la douleur
Qui vous prend en traite, guette la moindre erreur
Mais avec espoir courage et détermination
Jusqu’au bout, nous la combattrons....

Isabelle Fluckiger Jachym