Le cimetière a revêtu ses habits d’apparat

Le cimetière a revêtu ses habits d’apparat
Sur les tombes, indémodable, le chrysanthème est roi
Symbole d’un amour, qui, jamais plus, ne faillira
Puisque vous avez rejoint le monde de l’au-delà

Je n’attends pas la Toussaint pour venir me recueillir
Votre amour, vos sourires, restent mes plus beaux souvenirs
Je n’ai pas besoin de vous apporter des fleurs pour vous montrer
Combien, encore, aujourd’hui, vous me manquez.

Le cimetière fête ses défunts, les bougies fragiles
Dansent sous la bise, elles ondulent graciles
Comme si les battement de vos cœurs
Se réfléchissaient dans la douceur de leur chaleur.

Automatiquement je me dirige vers vous, mes aimés
Lettres dorées sur du marbre, en moi vous restez gravés
Je redeviens soudain, cette enfant qui a fini par comprendre
Que la mort, un jour ou l’autre, vient nous surprendre.

Le cimetière a revêtu ses habits d’apparat
Il se remplit des mots chuchotés, de bruits de pas
Retrouvailles parfois avec des personnes du passé
Famille, amis, l’enfance qui ressurgit en pointillé.

Les cloches de l’église viennent nous délivrer leur message
Gardienne du temps, invitation au dernier voyage
Les fidèles en silence sur le pas de l’église, pressés
Font grincer les uns à apres les autres, la grille de fer forgée

Car le cimetière fête ses défunts, coutume ancestrale
Tous nos disparus, coincés sous les pierres tombales
Ces noms inconnus érodés par le temps, emporte leur secret
Dans la nuit sidérale qui les berce à jamais.

Nos chers disparus sont une flamme d’amour
Qui nous réchauffera pour toujours
Ce sont des anges bienveillants et généreux
Qui veille sur nous par delà les cieux...

Le cimetière a revêtu ses habits d’apparat
Sur les tombes, imperturbable, le chrysanthème est roi
Symbole d’un amour, qui, plus jamais, ne faillira
Puisque, vous... vous vivez en moi....

Isabelle Fluckiger Jachym