Je prends le chemin qui mène à la clairière, ma mission est terminée

Moi, Zephir williwow, fée des vents et paysages glacés

J’ai conduit les derniers sages vers le temple, à l’abri du danger

Car les prémices d’un grand malheur rode autour de l’humanité.

 

Je suis fatiguée mais mon cœur est gorgé de sentiments merveilleux

En faisant grâce de mon savoir,  j’ai découvert dans leurs yeux

un arc en ciel d’émotions, ces émotions que j’ai perdu en faisant serment

De servir les instances supérieures en devenant fée le jour de mes seize ans.

 

Des siècles et des siècles à servir, à offrir de la bonté, aider les déshérités

A Oublier que je fus  aussi une enfant, une jeune fille choyée

Le temps n’a plus aucune emprise ni sur mon visage ni sur mon corps

Seuls les disciples de l’enfer peuvent me donner la mort.

 

J’entends le tonnerre qui gronde, j’entends les gémissements des agonisants

Mes sens en alerte, me préviennent que je dois presser le pas, il est temps

Autour de moi,  règne un silence inquiétant, les bruits habituels ont disparu

Je soupire en préparant mes armes, je sais que le temps est venu.

 

J'ai oublié ce qu'étaient la vengeance, la colère et la peur

Sans me retourner, je sais que derrière moi,  se tient l’horreur

Je me prépare à prendre les armes, à revêtir mon armure bleutée

En mémoire me reviennent les leçons que mon père m’a enseignées

 

Je le sens fondre sur moi, il n’a pas le sens d’un combat loyal

Un traite, un lâche, qui s’emploie à servir les maîtres du mal

j esquive ses assauts et ces coups autant que je peux

Il est plus puissant que moi, je ne peux que prier les dieux.

 

Je ne trouve que son regard vide, aucune émotion ne transpire

Une première douleur, j’ai l’impression que mon corps se déchire

Je vais essayer de lui rendre ses coups même si je dois périr

Je ne peux laisser le mal bâtir son empire et tout détruire.

 

Un halo de souvenirs traverse mes pensées les plus profondes

J’ai cru revivre mon enfance pendant un quart de seconde

Entendre le rire de mon père, entendre la clameur de mon peuple aimé

J’ai le sentiment que mon âme va à présent les retrouver.

 

Un cri surnaturel brise enfin le silence, j’ai réussi à le toucher

Mais dans un rictus malveillant, je sens que je n’ai fait que l’écorcher

Une lueur maléfique vient de naître de son regard, je perçois sa chaleur

Il lève son glaive au dessus de moi, je sens qu’arrive ma dernière heure.

 

Son arme s’abat sur moi avec fracas, mon corps est en sang

Il ne reste plus que ses sarcasmes et son rire strident

Mes yeux cherchent une lumière mais la noirceur du néant

M’enveloppe et m’attire vers la mort inévitablement.

 

Il se redresse d’un coup puis me regarde une dernière fois

Dans son regard noir,  les braises de l’enfer flamboient

Je lis son désir de me laisser ici, il n’a aucune pitié

Son plus grand plaisir est de me laisser agoniser.

 

J’aurai voulu qu’il m’achève j’ai combattu avec honneur

Tout mon être n’est plus que plaie béante et sueur

Mes dons de fée s’estompent peu à peu, je sens la souffrance

Et mes yeux noyés de larmes implorent la délivrance

 

le temps égraine son compte à rebours sous les derniers soupirs de Zephir qui cherche la route éternelle, cette route qui mène au ciel.