Les jeunes Mariés

 


Elle est là, derrière la fenêtre, quasi immobile

Pourtant ses jambes tremblotent, elle se sent fébrile

Dans quelques instants, elle osera descendre l’escalier

Et quitter définitivement sa chambre et ses poupées.

 

Par moments inquiète, impatiente ou euphorique

Comme Cendrillon à son premier bal, tendue mais si romantique

Elle désire tant que ce jour soit le plus beau de sa vie

La jeune mariée qui, dans le miroir, est tellement jolie.

 

Il est là, à faire les cent pas, apparemment confiant et serein

La nuit dernière fut agitée mais il n’en dira rien

Dans sa poche, les alliances à ne surtout pas oublier

Il réajuste sa cravate avant de rejoindre les premiers invités.

 

Dans sa tête, il revoit le plan de la journée

Comme un sportif de haut niveau, les yeux fermés

Pas de place au hasard, déjà, il maîtrise la situation

Le jeune marié qui saura être digne de ses plus hautes fonctions.

 

Et tout va se bousculer comme dans un film en accéléré

Jusqu’aux «oui » fatidiques suivi de l’indispensable baiser

La demoiselle devenue madame aura le sourire angevin

De la Belle au bois dormant qui découvre un nouveau matin.

 

Félicitations, cadeaux, embrassades, les parents, les amis

Ils n’auront plus pour eux, aucune minute de répit

Sous leurs pieds, rien ne pourra plus freiner ni arrêter

La vitesse du temps qui entame son propre défilé.

 

En couverture, sur l’album souvenir, une photo de mariage

Qu’ils feuillèteront ensemble, plus tard, page après page

Où ce jour là, le monde ne vibrait que par l’émotion

De leur deux cœurs battant à l’unisson.

 

Toujours aussi belle, aussi fraîche et heureuse

Elle ravira les convives de son humeur radieuse

Fier, droit, en chef d’orchestre des festivités

Il dirigera le banquet, donnant le ton de la soirée.

 

Si vous avez la chance, après le dessert bien arrosé

D’être le témoin de leurs regards complices et passionnés

Vous comprendrez avec un sourire attendri, leur désir d’être uni

Il faudra les laisser s’éclipser discrètement au milieu de la nuit.

 

Alors, à l’abri du tumulte et des curieux

Après l’impatience de ce moment délicieux

Ils s’aimeront enfin jusqu’au bout de leurs corps

Et pendant de longues années encore.

 

 

Isabelle