deux poemes tirés d'une histoire vraie, un couple de résidents dans la premiere maison de retraite où j'exercais. avec toute ma tendresse pour eux deux et merci pour toute l'attention dont Marguerite a su m'apporter dans l'exercice de ce métier difficile, que votre amour soit éternel

 

Marguerite

Il était, dans une prairie, une fleur
Apparaissant des les premières chaleurs
Marguerite donnait de la couleur
A ceux qui partageaient son coeur.

Bercée par la brise matinale des beaux jours
Virevoltante entre les bras de l’amour
Dans sa robe blanche, au quatorze juillet
Marguerite, impatiemment l’attendait.

Jardinier de sa vie pendant toutes ces années
Etienne l’arrosait de sa tendresse immodérée.
Ensemble, ils cultivèrent le terreau fertile des sentiments
Qui soudent à jamais les amours naissants.

Face aux caprices des orages d’été
Courageusement Marguerite a courbé, plié
Sans une plainte, toujours, s’est relevée
Pour veiller sur son Etienne tant aimé.

Se battant contre un soleil trop brutal
Jour après jour, lasse de ce combat inégal
Puisant dans ses dernières ressources, fatiguée
Marguerite, peu à peu s’est mise à faner.

Et dans la moiteur de cette nuit estivale
Marguerite a perdu son dernier pétale
Détachée du monde et de ses malheurs
S’en va rejoindre le royaume des fleurs.

Et C’est avec un bouquet d’amour qu’elle attendra
Qu’Etienne la rejoigne dans leur jardin, là bas
Même si pour le moment rongé par la douleur
Etienne... la pleure.

Isabelle Fluckiger Jachym

On ne survit pas au grand amour

Il était là, assis, le regard dans le vide
Les yeux cernés mouillés, le visage livide
A se demander pourquoi, comment
Elle avait décidé de partir définitivement.

On ne survit pas au grand amour
Il nous emporte pour toujours
Au delà du temps, par delà le soleil qui brille,
Dans un murmure qui nous conduit au-delà de la nuit

Il ne pouvait plus parler, il ne le voulait plus
Sauf à elle dans ses rêves un peu confus,
Le monde autour de lui n’avait plus de sens
Il ne vivait que par sa présence.

On ne survit pas au grand amour
Il nous emporte dans un compte à rebours
Où les jours de solitude ne font que peser
Sur notre corps devenu trop lourd à porter.

Il a du comprendre que son heure était venue
Comme on suit une ombre au coin de la rue
Dans son dernier songe, elle a du l’appeler
Il s’est empressé d’aller la retrouver.

On ne survit pas au grand amour
Il nous emporte pour toujours
Dans un monde où tous les amoureux
Entonnent son chant mélodieux

Serein, il s’est déchargé de cette enveloppe charnelle
Inutile pour la suivre dans l’univers intemporel
Cet amour fusionnel devait garder tout son éclat
Même si l’affection des siens voulait le retenir ici bas.

On ne survit pas au grand amour
On l’emporte avec soi pour toujours
Au fond de son âme où brûle son éternelle flamme
Dans le miroir de notre dernière larme.

Isabelle Fluckiger Jachym