Il y a des jours où tu voudrais t’échapper

Il y a des jours où tu voudrais t’échapper,
Mais tu restes cloué sur place
Le corps engourdi , prêt à tomber...
A detester la personne que tu vois dans la glace...

Ce fantome qui avance à pas lents
Boulet au pied, forçat de la société
Qui, pour remplir un peu ton porte monnaie
Finit par ressembler à un mort vivant

Il y a des jours où tu voudrais t’envoler
Aussi haut qu’un goéland, sillonner les océans
Mais tu finis les ailes brisées...
Adieu le firmament, tu fonces vers le néant.

La spirale infernale de devoir trimer
Pour avoir un toit, un espace privé
Ne touche que les esclaves d’un système de profit
Qui enfonce encore plus les démunis.

Il n’a a des jours où tu voudrais t’enfoncer
Au fond de ton lit, bien au chaud sous les couvertures
Mais même les dimanches et jours fériés...
Pour quelques euros dès l’aube, tu grattes ta voiture...

La voiture, un des seuls bien que tu possèdes
La peur de tomber en panne t’obsède...
Vieille guimbarde qui tous les deux ans
Doit passer un contrôle... payant.

Il y a des jours où tu rêves de partir...
Si loin et ne jamais revenir...
Ma ta conscience te suce comme un vampire...
Non, le frigo... il faut le remplir.

Nous pourrions tous vivre sereinement
Si le minimum vital était respecté
Tout le monde n’aspire au luxe, à la gloire
Nous voulons juste pouvoir y croire..

Croire que notre vie à un sens et le réaliser
En ne puisant pas dans notre énergie et la gaspiller...
Trop nombreux sont les jours où tu voudrais t’échapper
Ces jours où tu restes cloué, le corps engourdi prêt à tomber.

Isabelle Fluckiger Jachym