Ne la réveillez pas, elle dort

 

 

Sous ses paupières closes se dressant comme un dernier rempart

Ses yeux scrutent un monde imaginaire, illusoire

Là où le temps n’a plus d’importance et la lumière de l’oubli

L’incite doucement à la rejoindre dans les méandres de l’infini.


Ne la réveillez pas, elle dort

Elle n’entend déjà presque plus les bruits du dehors

Taisez vous, que le silence s’installe sereinement

Comme si la mort la recouvrait d’un drap blanc.


Son cœur s’est relâché, il n’y a plus de battements

Le tic tac de son corps s’est arrêté brutalement

Comme si les aiguilles de l’horloge de la destinée

Avaient décidé que sa dernière heure venait de s’écouler.


Ne la réveillez pas, elle dort

Gisant sur le bitume sous le froid du nord

Qui lui donne cette sublime pâleur irréelle

Et la rend à peu à peu de plus en plus immatérielle.


Son souffle fatigué, lassé, s’est amoindri

Prêt à lâcher le dernier fil de sa vie

Comme Ariane se laissant guider dans l’obscurité

Mais la fibre trop mince, sous l’usure a cédé.


Au loin, elle entend le cri strident des sirènes

Elle sent autour d’elle, comme une tempête qui se déchaîne

Une voix autoritaire, des gestes saccadés, des pas pressés

Elle sent soudain la morsure du froid sur sa poitrine déboutonnée.


Non, ne la réveillez pas, elle dort

Elle veut s’envoler vers les étoiles où l’aurore

Brille comme une bouffée d’oxygène

Qu’elle pourra respirer à perdre haleine.


Des ondes de choc lui traversent le torse fragilisé

Un compte à rebours, un masque plastique sur le nez

Une envie de vomir la prend depuis l’estomac

Son cerveau s’éteint elle entre dans le coma.


Ne la réveillez pas, elle dort pour toujours

Elle ne veut pas reprendre le chemin du retour

Le travail fait dans cette vie se termine sous l’ardeur

Du médecin qui insiste avec le défibrillateur.


Son âme se détache de se corps à présent désarticulé

Que l’on s’empresse coûte que coûte de réparer

Hélas, le cœur reprend et le souffle revient

Mais son cerveau désormais est éteint.


Elle passera des heures, des jours, des années

Sur un lit d’hôpital l’esprit emprisonné, paralysée

De la tête au pied, les yeux perdus dans l’immensité

A vouloir rejoindre les délices de l’immortalité.


Par pitié ne me réveillez pas, je dors

La vie a déjà quitté la chaleur de mon corps

Si un jour tu dois prendre la décision pour moi

Mon amour surtout n’hésite pas …


Car que tu sais que, revenir dans cet état,

Va à l’ encontre de mon choix

Alors s’il te plait simplement pense à moi

En leur disant tout bas……….


« Elle dort déjà……

…..ne la réveillez pas ».


Isabelle