Quand le poète est triste, les rimes pleurent sur le papier
Les larmes du stylo perlent entre les lignes du cahier
Les mots en sanglots et soupirs désabusés
Rendent la poésie, impossible à déchiffrer...

Il faut attendre que les phrases sèchent au vent de l’espoir
Qu’un sourire naisse même s’il parait dérisoire
Car, quand le poète est triste, les rimes pleurent sur le papier...
Et rien ne peut l’empêcher de les laisser couler.

Quand le poète est triste, les rimes pleurent sur le papier
Les mots non dits en ratures jonchent les lignes immaculées
Comme une inondation incontrôlée emporte tout, cruelle
Et laisse désolation et un grand vide derrière elle.

Il faut attendre que le soleil et l’accalmie du chagrin
Viennent refleurir avec la rosée du matin
Car quand le poète est triste, les rimes pleurent sur le papier
Rien ne peut l’empêcher de les laisser le submerger.

Quand le poète est triste, les rimes pleurent sur le papier
Les virgules, les points, sur le champ de bataille de ses pensées
Se font la guerre, pauvres victimes ensanglantées
D’une inspiration qui souffre, difficile à contrôler.

Il faut attendre que le vent du silence vienne tout balayer
Que le cœur blessé, tranquillement veuille se laisser soigner
Car, quand le poète est triste, les rimes pleurent sur le papier
Jusqu’à ce que vous les lisiez...

Isabelle Fluckiger Jachym